La Vallée Partagée

Vallée partagéeLa vallée de la Senne entre le pont Van Praet et le pont de Vilvorde a un fond de vallée large et plat, avec des flancs asymétriques.

Le flanc occidental est escarpé, le flanc oriental est plus plat et traversé par la Woluwe et le Maelbeek. La zone, marécageuse à l’origine, avait un réseau de fossés et presqu’aucune voie historique. Dans la partie supérieure se trouvent les noyaux historiques de Vilvorde, Malines, Schaerbeek et Haren.

L’infrastructure la plus ancienne est le canal de Bruxelles vers l’Escaut le long du - quel plusieurs châteaux et parcs ont été érigés au 17ème et 18ème siècle à titre de résidence secondaire, dont il reste les châteaux et parcs de Laeken, Meudon, Driefonteinen et Beaulieu. A partir de la fin du 19ème siècle, la zone a été décou - pée par des voies ferrées et des nouvelles chaussées, s’en est suivi une forte industrialisation au 20ème siècle. A Schaerbeek, furent aménagés le boulevard Lambermont et les jardins potagers de Bruxelles dans la lignée du plan Besme. La gare de Schaerbeek et l’avenue Huart Hamoir forment un moteur important du développement mixte. Cette partie de la ville est caractérisée par une imbrication forte entre des activités industrielles et des logements.

Entre le canal et la gare de Schaerbeek, on a vu le développement d’activités industrielles comme des minoteries, une industrie chimique et une centrale élec - trique (le futur incinérateur). Le développement important du réseau de chemin de fer, surtout en termes de transport de marchandises, a entraîné l’extension d’une gare de triage à grande échelle ‘Schaerbeek-Formation’. Le long du canal, se trouvent des entreprises industrielles comme la brasserie Marly, Ceres et Eternit.

Après les Première et Seconde Guerres mondiales, le développement industriel s’est étendu vers le nord, avec des dépôts de carburant, l’assemblage automobi - le, l’usinage des métaux, la construction, ainsi que l’industrie chimique. L’urbanisation rapide a ignoré la problématique de l’eau de la zone et la pollution du sol et de l’air consécutive aux activités industrielles lourdes.

Dans la vallée partagée, un grand nombre d’infrastructures ont été aména- gées dans la direction nord-sud, parallèlement au canal : N1 avenue de Vilvor- de-Schaarbeeklei, avenue de Woluwé, lignes de chemin de fer, ... Entre le pont Van Praet et la Vuurkruisenlaan, aucune liaison forte n’a cependant été aména- gée à travers la vallée. Seuls le pont de Buda et le viaduc du Ring R0 relient les deux rives du canal. Pour la mo-bilité, et surtout pour la circulation lente et le transport de marchandises par la route, le manque de bonnes liaisons est-ouest et vers l’infrastructure routière supérieure est un problème majeur. Malgré le grand nombre d’infrastructures, la zone risque de devenir inaccessible.

Suite à la désindustrialisation à la fin du 20ème siècle, de grandes parties de la vallée partagée se sont délabrées (inoccupation, sentiment d’insécurité, éco- nomie grise, ...). Les différentes fermetures d’usines (VTR, Renault, Cokeries de Marly, ...) sont encore visibles dans les bâtiments qui subsistent et palpables dans le taux élevé de chômage parmi les personnes peu qualifiées et les ouvriers. Les usines laissent aussi derrière elles un lourd héritage en termes de pollution du sol et autres problèmes environnementaux.

Depuis le début du 21ème siècle, la rénovation urbaine est lancée avec des pro- jets comme l’aménagement de la rive gauche du canal, Watersite à Vilvorde, le masterplan Vilvorde-Machelen, le nouveau terminal à conteneurs faisant partie intégrante du centre de distribution urbain, les plans pour Schaerbeek-Formati- on, le plan canal Chemetoff et l’assainissement des terrains des Cokeries de Mar- ly. La Région de Bruxelles-Capitale travaille dans le cadre du plan du canal avec des services de planification, le maître architecte et la régie foncière à une revalo- risation de la zone du canal de Bruxelles avec des nouveaux projets d’habitat, des projets économiques et des espaces publics de qualité. En 2016, de nouveaux investissements ont fait leur apparition dans la zone, à savoir Trainworld, Docks Brussels, un nouveau centre de tri bpost, un terminal de croisière à la hauteur du parc Meudon et des logements à la « Broekplein » (Vierfonteinen).

Outre quelques parcs et zones vertes comme le moeraske, la structure naturelle actuelle se trouve essentiellement au niveau des talus de chemin de fer situés sur la rive droite. Le long de la Senne, près du centre de Vilvorde, une nouvelle structure verte est développée. Sur la rive gauche, beaucoup d’espaces ouverts ont été préservés, groupés autour du domaine royal et des parcs Meudon et Driefonteinen. Plusieurs grands projets sont prévus dans cette zone dans un avenir à court et moyen termes, comme l’extension du port sur les terrains de FSI, l’aménagement du terminal RO-RO pour le commerce des véhicules de seconde main, la recon- version de BRIC, les développements le long de l’Oorlogskruisenlaan, 3000 loge- ments supplémentaires au niveau du Watersite (Vilvorde) et le long de la Kerklaan

(Machelen), le redéveloppement industriel au sein de BrightPark du site Cat, de Fabricom, plusieurs projets de petits commerces, ... Le déménagement de MaBru et du CE-FL aura lieu après 2025. bpost a inauguré récemment un nouveau centre de distribution qui emploie 1500 personnes dans la zone. Solvay (actuellement 1500 travailleurs) travaille à un masterplan afin de redynamiser ses terrains.

Dans le « Plan stratégique pour le transport de marchandises en Région de Bruxel- les-Capitale », il est prévu d’intégrer la distribution urbaine dans la stratégie de développement de la zone du canal et de Schaerbeek-Formation comme pôle logistique pour la Région de Bruxelles-Capitale et sa périphérie. Ces projets aboutiront ensemble au redéveloppement dans la vallée partagée à une nouvelle zone urbaine à vocation purement économique. Le Broeck de Vil- vorde, la Kerklaan et les environs de la gare de Schaerbeek deviennent des lieux mixtes logement-travail hautement dynamiques. Les autres parties tendent vers un mélange de différentes activités économiques offrant des emplois pour les jeunes peu qualifiés et la réalisation d’une économie plus circulaire. Les espaces pollués et sous-utilisés sont prioritairement mobilisés pour stimuler la rénovation économique. Lors du redéveloppement, il convient de renforcer le maillage vert et bleu, en prêtant attention à la gestion des eaux et au développement de la nature.

Pour renforcer l’accessibilité multicouche dans la zone, il est nécessaire de met- tre en œuvre les projets existants : le RER-vélo, la ligne de tram Aéroport-Vilvor- de-Heysel-VUB, le RER, le déplacement de l’arrêt Buda vers la Kerklaan, la con- struction du métro 3 (Gare du Nord-Riga-Bordet) et le renforcement des liaisons Harensesteenweg entre Bruxelles et Vilvorde/Machelen (bateau-bus et lignes 58, 47 et 64).

Autour des nœuds du réseau de mobilité comme la gare de Vilvorde, la gare de Schaerbeek, l’arrêt Kerklaan, les gares de Haeren, la densification des activités et logements est prévue. Un point d’attention particulier sera mis sur la coordi- nation entre les différents projets de mobilité et de densification en les cadrant à la bonne échelle et en négociant des solutions interrégionales cohérentes qui améliorent l’accessibilité de la totalité de la zone.

La présence du canal et du chemin de fer doit être utilisée de manière optimale pour le transport de marchandises, de manière à limiter l’utilisation du réseau routier. Une ouverture améliorée au transport de marchandises par la route res- tera toutefois nécessaire. Pour ce faire, une vision et une approche interrégiona- les de la mobilité, intégrant l’impact des projets proposés, sont nécessaires. Une attention particulière doit être ici accordée au profilage de la Woluwelaan, de la Budasteenweg et de la Schaarbeeklei.

Les grands défis de la vallée partagée sont:

  • prévoir des emplois supplémentaires
  • activer les terrains et bâtiments pollués et inutilisés
  • synchroniser le développement du réseau de mobilité hiérarchisé, des activités économiques et des logements complémentaires
  • améliorer la qualité de vie dans la vallée partagée (améliorer l’espace public et la proximité des espaces verts, augmenter le sentiment de sécurité, prévoir des services d’appui)
  • utiliser l’eau et le système naturel comme support pour les développements spatiaux

Les grands défis de la vallée partagée sont:

  • prévoir des emplois supplémentaires
  • activer les terrains et bâtiments pollués et inutilisés
  • synchroniser le développement du réseau de mobilité hiérarchisé, des activités économiques et des logements complémentaires
  • améliorer la qualité de vie dans la vallée partagée (améliorer l’espace public et la proximité des espaces verts, augmenter le sentiment de sécurité, prévoir des services d’appui)
  • utiliser l’eau et le système naturel comme support pour les développements spatiaux